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Les radars de covoiturage à Paris ne voient pas les bébés, des parents verbalisés à tort

Par Vincent Lautier - Publié le

Sur le périphérique parisien, des automobilistes qui circulent avec leur bébé en siège auto sur la voie de covoiturage reçoivent des amendes de 135 euros alors qu'ils sont parfaitement en règle. Les caméras à intelligence artificielle chargées de compter les passagers ne détectent pas les nourrissons, et les agents humains qui vérifient les clichés derrière ne font visiblement pas mieux.

Les radars de covoiturage à Paris ne voient pas les bébés, des parents verbalisés à tort


De l'IA et des caméras infrarouges



Le système de contrôle des voies de covoiturage à Paris repose sur ce que la mairie appelle la vidéoverbalisation assistée par ordinateur. Des caméras infrarouges scannent les véhicules sous deux angles différents, et un logiciel d'intelligence artificielle analyse ensuite les images pour compter le nombre d'occupants à bord. Au moment du passage, si l'IA ne détecte qu'une personne, une autre caméra lit la plaque, un agent assermenté vérifie, et l'amende est envoyée. Il y a dix radars en tout sur les 35 km de périphérique. Selon le fabricant, le système est fiable de 95 à 98 %, ce qui est au final assez peu, si on considère que 1,1 million de véhicules passent par là chaque jour.

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Des parents verbalisés malgré bébé à bord



Plusieurs témoignages évoquent par exemple des parents qui reçoivent des PV de 135 euros en allant apporter leur bébé chez la nourrice. Le bébé est toujours bien là, installé dans son siège auto à l'avant, et ni l'IA, ni l'agent humain ne repèrent l'enfant. La mairie a confirmé que les bébés sont bien considérés comme des passagers éligibles à la voie de covoiturage et admet que des erreurs sont possibles mais restent très limitées. Visiblement pas tant que ça vu que les témoignages se multiplient.

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L'association ne prend pas de gants : Est-ce que le système est fiable ? Non. Et s'il n'est pas fiable, alors il doit disparaître immédiatement. Elle demande l'annulation de tous les PV déjà dressés et l'arrêt du dispositif tant que sa fiabilité n'est pas prouvée. Plus de 25 000 PV ont d'ailleurs été dressés en quatre mois sur le périphérique, pour un total d'environ 3,5 millions d'euros. Ces radars sont aussi déployés sur d'autres axes en France : à Lyon, Strasbourg, Grenoble et sur l'A1 près de Lille.

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On en dit quoi ?



On aime bien l'IA quand elle trie nos photos ou qu'elle nous aide à résumer un document un peu trop long, mais quand elle distribue des amendes à des parents qui roulent avec leur bébé, c'est tout de suite moins rigolo. Le vrai souci ici, c'est que la double vérification, IA puis agent humain, ne rattrape même pas l'erreur. Autant dire que le filet de sécurité a quelques trous. On espère que le système sera corrigé rapidement, parce que demander à des parents de fournir le bulletin de salaire de leur nounou pour prouver que leur enfant existe, c'est franchement problématique.